Transports : un bond qualitatif est nécessaire
Transports : un bond qualitatif est nécessaire

C’est peu dire que l’organisation de transports en commun performants et confortables est un des enjeux majeurs de l’aménagement de l’Ile-de-France. Les attentes en la matière sont d’autant plus fortes que le service laisse souvent à désirer. Les Morsaintois n’y échappent pas. Région et État doivent en prendre la mesure.

En chiffre

28,5 %

C’est le pourcentage des émissions de gaz à effet de serre dont est responsable le trafic routier.

Transports franciliens : un gros besoin d’investissements

Chaque jour, en Île-de-France, plus de 9,5 millions de voyageurs empruntent les transports en commun (bus, tram, RER et métro) pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études ou pour se déplacer en journée, qu’il s’agisse de déplacements professionnels ou de loisirs. L’augmentation du nombre de voyageurs est régulière. Elle a été de 15 % entre 2010 et 2018, et tout laisse à penser que ce n’est pas terminé.

Parmi les principales raisons de la croissance du trafic francilien, l’urbanisation et l’éloignement entre les zones d’habitation et les zones de main d’œuvre. Un exemple proche de nous : la forte croissance démographique du secteur de Massy-Palaiseau s’est traduite par une hausse spectaculaire du trafic de la gare (RER B et C) de 666 000 voyageurs par an entre 2011 et 20171. Et si à Morsang la population est demeurée stable ces dernières années, c’est néanmoins 85 % des actifs qui travaillent hors de la ville 2.

L’autre raison tient au nombre croissant de franciliens qui délaissent la voiture et les embouteillages au profit des transports en commun. Ils ont raison, car la création de nouvelles routes, ces dernières décennies, n’a en rien résolu ce problème. Au contraire ! Mais ce mouvement – très positif en regard des enjeux climatiques et de santé publique – est entravé par les dysfonctionnements du réseau. Les Morsaintois utilisateurs du RER C en savent quelque chose. Résultat, seulement 26 % des actifs morsaintois utilisent les transports en commun pour se rendre au travail (contre 64 % la voiture) 2. Le besoin d’investissements est donc très important pour répondre aux attentes légitimes des Franciliens. Mais les financements ne sont pas toujours au rendez-vous.

La Région et l’État aux manettes Dans notre région, c’est “Île-de-France Mobilités” (IdFM) – organisme placé sous le contrôle de la Région depuis 2006 et présidé par Valérie Pécresse – qui a pour mission d’organiser, de coordonner et de financer les transports publics, qui sont assurés par la RATP, la SNCF et les compagnies de bus privées regroupées au sein du réseau Optile (telles que les lignes Keolis Daniel Meyer ou Transdev CEAT). C’est IdFM qui assure, par exemple, le financement d’équilibre du fonctionnement du RER C et de son plan de rénovation. C’est encore IdFM qui doit donner son accord chaque fois que des changements sont apportés sur les lignes de bus comme celles que gère Daniel Meyer.

Mais l’État a aussi un rôle majeur à jouer à travers les Contrats de plan État-Région (CPER). Des projets comme les lignes de métro du Grand Paris Express ou le T12 Express Massy-Évry ne peuvent voir le jour que grâce à ces financements d’État. Mais alors que ce dernier devrait mobiliser 400 millions d’euros par an à compter de 2020, pour tenir ses engagements au titre du CPER, la loi d’orientation sur les mobilités adoptée en 2019 par la majorité LREM de l’Assemblée Nationale n’en prévoit que 190. Une situation dénoncée par le Conseil municipal de Morsang le 17 décembre (cf. notre magazine n°43 de janvier dernier). « L’heure est donc à la vigilance et à la mobilisation », comme le souligne Jean Berthou, maire adjoint (cf. son interview ci-dessous).

1 – Source data.ratp.fr – 2 – Source INSEE – septembre 2019.

2 questions à Jean Berthou, Maire adjoint en charge des travaux et des transports.

C’est un lieu commun de dire que la qualité et la performance des transports en commun laisse à désirer en Île-de- France. Quel est l’enjeu pour Morsang ?
C’est clair, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Les transports franciliens ne sont pas à la hauteur dès que l’on sort de Paris. C’est un problème majeur et pas seulement pour Morsang. Ça renforce les inégalités territoriales. Ça empoisonne la vie quotidienne des Franciliens et notamment de ceux qui n’ont pas d’autres choix pour se déplacer et qui sont souvent les mêmes qui subissent déjà les inégalités sociales. Et ça va à l’encontre des enjeux climatiques. Le trafic routier est responsable de 28,5 % des émissions de gaz à effet de serre1. Quant aux Morsaintois, ils subissent les dysfonctionnements de la ligne C du RER et l’insuffisance des liaisons banlieue-banlieue. Ce qui explique sans doute que 64 % des actifs sont contraints de prendre la route pour aller travailler.

Les projets en cours ne vont-ils pas améliorer la situation ?
Il y a, à la fois, des avancées et des inquiétudes. Ces dernières années, la mise en place du 420 a bien amélioré la desserte de la gare d’Épinay. La rénovation en cours de la ligne C est une bonne chose mais n’a pas encore donné de résultats significatifs. Et aux dernières nouvelles, IdFM n’a toujours pas lancé la commande des nouveaux matériels roulants, ce qui veut dire qu’ils ne seront pas en service avant 10 ans. L’ouverture du T12 Express entre Massy et Évry est très attendue par les Morsaintois. Initialement prévue en 2020, elle a été repoussée en 2022. Le chantier est en cours mais sa finalisation dans les délais annoncés suppose que l’État tienne ses engagements financiers. Or, c’est là un sujet d’inquiétude qui d’ailleurs conduit le Conseil municipal à adopter une motion le 17 décembre2. Quant au DM21, la rencontre avec le transporteur, le 22 novembre, a permis de définir des bonnes pistes d’amélioration. Mais elles restent suspendues à un accord d’IdFM qui n’a toujours pas répondu. Donc l’heure est à la vigilance et à la mobilisation.

1 – Rapport 2018 du Ministère de la transition écologique. 2 – cf. n°43 de janvier 2020.

T12 Express : Morsang sera à 20 minutes de Massy et d’Évry

Les chantiers du T12 Express Massy-Evry ont démarré en 2016 et 2017 tout au long de la ligne. Initialement prévue pour 2020 sa mise en service avait été repoussée de deux ans par suite de difficultés de la SN CF pour mener de front tous les chantiers sur lesquels elle est engagée. Aujourd’hui les travaux sont bien avancés.

Des Ateliers-garage de Massy jusqu’au terminus d’Evry-Courcouronnes, les chantiers du T12 express marquent le paysage. Plusieurs échangeurs autoroutiers de l’A6 ont été adaptés pour permettre l’insertion de la nouvelle ligne. En septembre deux ponts permettant le franchissement de l’A6 ont été installés à hauteur de Grigny et de Ris- Orangis. Près de chez-nous, à Savigny, à l’angle de la rue des Rossay et de la RD 257, les voies du RER C ont été déplacées pour y créer celles du futur T12. En face, à Epinay, un nouveau pont au dessus de l’Yvette permettra aux véhicules et aux piétons d’accéder directement au nouveau parking.

À Morsang, cet été, a été achevée la création du nouveau parking destiné au cabinet médical à l’angle de la rue de Viry et de l’avenue du Docteur-Roux. Mais le chantier le plus important concerne la création de la plateforme qui supportera la ligne et la station “Morsang Parc du Château” le long du talus sud de l’A6. Dans un premier temps ce sont les ouvrages sur lesquels reposera la plateforme qui ont été réalisés. Une deuxième phase s’ouvre maintenant pour la construction de la station qui devrait être achevée d’ici un an. Située à l’angle de la rue de Savigny et de la rue Diderot, elle sera accessible par escalier et par ascenseur.

Repères

  • La ligne de tramway express T12 reliera Massy à Evry-Courcouronnes. Elle comprendra 16 stations dont 11 nouvelles, traversera 13 villes et de nombreux pôles économiques. Elle permettra des correspondances avec les RER B, C et D ainsi qu’avec de nombreux bus. Et à terme, avec la ligne 18 du Grand Paris Express et le bus en site propre T Zen 4 Grigny-Corbeil.
  • Le temps de trajet entre Evry et Massy sera de 39 mn. En heure de pointe la fréquence sera d’un train toutes les 10 mn et tous les ¼ d’heure en heures creuses. 40 000 voyageurs par jours sont attendus sur l’ensemble de la ligne dont 600 pour la gare de Morsang.
  • Le coût du tramway s’élève à 526 millions d’euros hors taxes. Les financeurs sont : la Région Ile-de-France (56 %), l’État (30 %), le Conseil départemental de l’Essonne (10 %) et la SNCF (4 %).

DM 21 : des pistes d’amélioration

Les DM21A et DM21B sont deux lignes de bus particulièrement importantes pour Morsang. Elles assurent la desserte du lycée Corot et de la gare RER de Savigny (ligne C) et traversent tous les quartiers de la ville. Leur amélioration est donc très attendue.

En novembre, une réunion s’était tenue sous l’égide de l’Agglomération en présence de la Maire de Morsang et de représentants de Daniel Meyer. Il s’agissait de faire le point sur le renfort de ligne expérimenté depuis mai 2019 et d’examiner de nouvelles pistes d’amélioration.

La mise en service d’un bus supplémentaire a permis au transporteur de proposer 9 courses quotidiennes de plus sur le DM21A et 5 sur le DM21B, se traduisant par une augmentation de fréquence le matin entre 7h et 8h30 et le soir entre 17h et 19h. La surcharge des bus entre 8h et 8h30 et le soir a été réduite. Mais pas entre 7h et 8h. Il faut donc aller au-delà. Deux propositions ont été faites par Daniel Meyer. Transformer les courses partielles du matin par des courses complètes. Ajouter des courses supplémentaires les samedis et les dimanches soir jusqu’à 22h30.

Mais sans doute faudra-il aussi ne pas tarder à aborder la desserte de la future station du T12 Express ; indispensable pour optimiser son attractivité. Une rencontre prochaine avec Île-de-France Mobilité devrait permettre d’aborder tous ces sujets.

Mur anti-bruit de l’A6 : la Maire interpelle de nouveau la Région

Les riverains de l’autoroute A6 sont gênés par le bruit. Depuis plusieurs années, la Maire de Morsang se bat pour que le mur antibruit existant soit prolongé jusqu’en haut de la rue Diderot.

M. Zénéré, un riverain, témoigne : « Il y a une résonance incroyable des voitures. Dans la rue on doit crier pour se parler. » De même pour M. et Mme Lopata, de la rue de Viry : « Le bruit, on apprend à vivre avec mais c’est pas drôle. On dit que le tramway ne va pas faire de bruit mais… » Il y a donc urgence à prolonger ce mur antibruit.

À l’occasion des travaux du T12 Express, le mur de soutènement a été conçu pour supporter un tel prolongement. Le refus de la direction des routes d’Île-de-France est d’autant plus incompréhensible. En octobre dernier, Marjolaine Rauze avait écrit à la DIRIF et à Valérie Précresse, présidente de la Région, pour leur transmettre la pétition des riverains et leur demander une audience. Faute de réponse, elle a réitéré sa demande début janvier. « Vous comprendrez ma déception et encore plus celle des riverains qui ont le sentiment de ne pas exister et encore moins d’être entendus », souligne-t-elle. Une lettre dans des termes similaires a été envoyée au représentant de l’État pour ces questions.