L'éducation : une priorité à Morsang
L'éducation : une priorité à Morsang

Parce que l’éducation est un enjeu de société, parce que s’y joue l’avenir des milliers d’enfants et de jeunes et celui du pays lui-même, le débat sur l’école est toujours vif en France. Après une année marquée par la contestation de plusieurs reformes, la rentrée 2019 sera scrutée à la loupe. À Morsang, la priorité à l’éducation reste de mise.

En chiffre

23 Mds d’€

C’est la somme supplémentaire dont aurait bénéficié notre système éducatif si la part de richesse nationale qui lui est consacrée était restée à son niveau de 1996.

Pour une école ouverte à tou-te-s !

Lundi 2 septembre, enfants et adolescents ont repris le chemin de l’école. Les bacheliers 2019 qui ont réussi à franchir l’obstacle « Parcoursup » et entrent à l’Université, peuvent quant à eux profiter de quelques jours de vacances supplémentaires. Au plan national, cette nouvelle année scolaire 2019/2020 verra la mise en œuvre de la réforme du baccalauréat et de la loi dite « École de la confiance ». Deux réformes qui ont suscité de nombreuses oppositions et mobilisations de la communauté éducative au cours de l’année scolaire 2018/2019. À Morsang, dans les écoles maternelles et élémentaires, cette rentrée s’est déroulée dans de bonnes conditions. La municipalité avait mis l’été à profit pour réaliser de nombreux travaux d’amélioration.

« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ! ». L’interpellation d’Abraham Lincoln (président des USA de 1861 à 1865) garde son actualité. Tout comme le refus persistant des gouvernements français successifs de consacrer à l’éducation les moyens nécessaires à une véritable ambition visant la promotion de tous et non la sélection d’une élite*. N’est-ce pas en effet le trait commun aux réformes de ces dernières décennies ? En la matière, celles de l’actuel ministre atteignent des sommets.

L’ultralibéralisme comme boussole
De la loi dite « Orientation et réussite des étudiants » de 2017 à la si mal nommée loi « École de la Confiance », en passant par la réforme du baccalauréat… ce sont tous les modèles de l’ultralibéralisme qui sont convoqués pour transformer notre système éducatif dans un sens profondément réactionnaire. Prenons quelques exemples.

Le gouvernement nous parle de « parcours personnalisés », de « liberté de choix » pour justifier une orientation précoce à l’issue de la 3e. Mais quelles possibilités réelles auront les lycéens orientés vers la voie professionnelle de rattraper une formation générale, s’ils le souhaitent ? Même discours à propos de la réforme du bac et des options en 1ere et en Terminale. Mais tous les établissements ne proposeront pas toutes les options, loin s’en faut ! Et en réalité, comme on l’a vu dans d’autres pays qui ont adopté des systèmes similaires (l’Angleterre, l’Allemagne), ce sont les critères de sélection des Universités qui risquent de déterminer le choix des lycéens. Et malheur à ceux qui ne s’y seront pas pliés. Les algorithmes de Parcoursup se chargeront de les sanctionner. D’autant que les temps consacrés à l’orientation promis par le ministre ne sont pas au rendez-vous, laissant la part belle aux officines privées, pour ceux qui pourront se les payer. En fait, cette individualisation des parcours d’apprentissage vise à faire porter la responsabilité des échecs aux seuls élèves, évacuant les responsabilités propres de l’institution scolaire.

On pourrait aussi parler des nouveaux programmes et du « retour aux fondamentaux » qui font tousser de nombreux enseignants. On pourrait évoquer les justifications « scientifiques » du ministre avec la promotion des neurosciences censées fournir la pédagogie miracle contre l’échec scolaire, “oubliant” que plus encore que le cerveau, le milieu social dans lequel évoluent les enfants est déterminant en matière de réussite scolaire. On pourrait enfin relever l’autoritarisme du ministre qui, au nom du devoir d’exemplarité des enseignants, voudrait limiter leur liberté d’expression.

Bref, on n’en finirait pas de décliner les faux semblants et les pièges de ces réformes. Leurs seuls buts semblent être de gérer les flux en fonction des moyens limités que l’État consacre à l’éducation et de plier contenus et méthodes aux objectifs économiques et idéologiques de la société du tout marché. Le privé est aux aguets pour combler le vide. Car dans cette société-là, si l’éducation est un moyen indispensable pour former une main d’œuvre qualifiée, elle est aussi une formidable source possible de profits.

Morsang aux antipodes
C’est aux antipodes de ces logiques ultralibérales que sont abordées les questions de l’éducation par la municipalité de Morsang. « Nous sommes pour une école ouverte à tous sans condition de moyens ni d’autres attendus » nous dit Jean-Michel Brun, Maire adjoint en charge de la Vie scolaire (voir son interview ci-dessous).

En témoignent, par exemple, les interventions sur le temps scolaire. La Ville de Morsang met à la disposition des enseignants des écoles et collèges toute une série de dispositifs éducatifs articulés aux projets de classe ou d’établissement. Activités sportives, programmation culturelle jeune public, projets musicaux, éducation à l’environnement et à la citoyenneté… sont ainsi proposés à tous sans coût pour les familles.

Cette année, les moyens consacrés à l’école sont accrus et un important programme de travaux a été mené cet été, comme nous le détaillons dans les pages suivantes.

* la dépense intérieure d’éducation rapportée à la richesse du pays est passée de 7,7 % à 6,7 % en 20 ans.

2 questions à Jean-Michel Brun, Maire adjoint en charge de la Vie scolaire, de la Jeunesse, du Sport et de la Culture.

Avant d’aborder la rentrée morsaintoise, un mot peut-être sur le contexte national dans lequel se déroule cette rentrée scolaire 2019 ?
Ce qui se passe est grave ! La communauté scolaire l’a bien perçu. Elle s’est massivement mobilisée et nous la soutenons. L’éducation est un enjeu de société. Que voulons-nous pour notre pays ? Former une petite élite ou permettre à tous les enfants d’acquérir une éducation de qualité leur permettant de faire leur propre chemin dans la vie ? Nous, nous sommes pour une école ouverte à tous, sans conditions de moyens ni d’autres attendus. Ce n’est malheureusement pas la voie prise par les réformes actuelles au mépris de l’engagement professionnel des enseignants. Économies, sélection et autoritarisme en sont les grands principes. Quand je vois, par exemple, comment le choix des options au lycée ou l’entrée à l’Université sont devenus des sources de stress pour les jeunes et leurs parents, je me dis qu’on marche sur la tête.

Alors, à Morsang, quel bilan de cette rentrée ?
Ici, c’est un peu plus de 2 500 enfants qui ont fait leur rentrée en maternelles et élémentaires et une classe a été ouverte à l’élémentaire Curie. Comme chaque année, la Ville a mis l’été à profit pour réaliser des travaux d’amélioration. Le plus gros chantier a été la rénovation thermique et acoustique de l’élémentaire Wallon. La prochaine école concernée sera Robespierre, en 2020. Pour le reste, plusieurs écoles ont bénéficié d’interventions : peinture, protection incendies, rénovation de sanitaires, nouveaux jeux de cours… Je ne détaille pas plus ; vous le faites dans le dossier. Notre budget de fonctionnement des écoles est en augmentation (+8,5 %). Et nous allons poursuivre ce que nous faisons depuis plusieurs années en matière d’intervention sur le temps scolaire, de tarification sociale de la demi-pension ou d’attention portée à la qualité des études surveillées. Ici, la priorité à l’éducation n’est pas un slogan, c’est la réalité ! Je souhaite une excellente année scolaire à tous les petits Morsaintois et à leurs enseignants.

Les travaux de l’été

Comme chaque année, les écoles ont fait l’objet de nombreux travaux pour améliorer le confort des enfants et des enseignants. Faisons le point.

Bien sûr, la rénovation de l’école élémentaire Wallon est le chantier le plus visible. Le bleu a remplacé le rouge des anciennes façades. Mais c’est surtout le confort acoustique et thermique de l’école qui s’en trouve considérablement amélioré avec le remplacement de toutes les huisseries extérieures. Il reste quelques finitions à terminer. Ce sera fait durant les prochains mercredis. À Jaurès, la classe ULIS a été repeinte et l’alarme anti-intrusion remplacée. À Robespierre, ce sont les sanitaires garçons qui ont fait peau neuve.

Buisson a fait l’objet de divers travaux de peinture et d’une mise aux normes incendie. À Courbet, tous les postes informatiques qui ne l’étaient pas ont été raccordés à Internet. L’ensemble des écoles maternelles ont bénéficié de la pose de jeux thermocollés dans toutes les cours. Le vieux préfabriqué de Curie a été démoli. Enseignants et parents d’élèves seront consultés sur l’utilisation de l’espace ainsi dégagé. À noter que des barrières vont être posées au droit de l’école, côté Boulevard de la Gribelette.

Un kiosque famille pour simplifier vos démarches

Très largement adopté par les familles morsaintoises, le Kiosque famille a fait ses preuves. Accessible à partir du site Internet de la ville, ce portail en ligne vous permet :

  • la consultation et la modification de vos informations personnelles,
  • les inscriptions aux accueils de loisirs,
  • les réservations exceptionnelles de la restauration scolaire,
  • la visualisation et le paiement devos factures.

Si vous n’êtes pas encore inscrits, et afin d’éviter tout problème de facturation, adressez-vous rapidement au service Régie de la mairie, tél. : 01 69 25 39 00.

Mya était en Terminale S au lycée Corot l’an dernier.

Regard jeune sur la réforme Blanquer

L’année scolaire 2018/2019 a été mouvementée. Grèves et manifestations ont ponctué la mobilisation contre la loi Blanquer. Deux jeunes morsaintoises, Mya et Fanny, respectivement en Terminale et en Seconde l’an passé, reviennent sur leur vécu et nous exposent leur point de vue sur cette réforme.

Mya était en Terminale S au lycée Corot. Elle entre cette année en DUT chimie. Non concernée par la réforme du Bac, elle a dû néanmoins passer l’obstacle de Parcoursup, le système de sélection mis en place pour l’entrée dans le supérieur. Pour elle, les choses se sont bien passées. Tous les bacheliers de son lycée n’ont pas eu la même chance. Pour autant, Mya ne s’est pas désintéressée de la réforme du Bac. « La réforme est arrivée d’un coup. Nos profs n’étaient pas informés de ce qu’ils devaient faire et n’étaient pas satisfaits de la réforme », explique-t-elle.

Lors des corrections du baccalauréat, certains « grévistes des notes », que le ministre de l’Éducation avait qualifiés de « petite minorité qui cherche à imposer sa loi », « n’ont par exemple pas rendu leur copie le 2 juillet », poursuit-elle. Outre les problèmes entre le chef d’établissement de son lycée et ses enseignants, Mya déplore également la précipitation de la réforme : « On va demander aux profs de maths, non formés pour cela, de faire le cours de sciences numériques et technologie du tronc commun. »

Fanny a 15 ans, elle rentre en Première au lycée Georges-Brassens d’Évry-Courcouronnes. Elle a vécu aussi de l’intérieur la mobilisation. « Les profs étaient en bonne partie en grève et à la fin nous faisaient cours car ils ne voulaient pas nous pénaliser », explique-t-elle. Si elle a réussi à choisir trois options cohérentes (langues étrangères, SES et philosophie), « 90 % des élèves de ma classe ont eu beaucoup de mal à faire leur choix » malgré « 1h par semaine avec notre prof principale pour nous aider sur notre orientation », précise-t-elle. En effet, les filières S, ES et L ayant disparues, les futurs élèves de Premières ont dû choisir trois spécialités en plus de leurs enseignements communs. Mais finalement, « les parents redirigent leurs enfants vers des enseignements qui s’apparentent à une reconstitution de la S », analyse-t-elle. « Moi par exemple, si on me demande quel Bac je fais, je dis que c’est une reconstitution littéraire et ES (économie et social). Les profs nous ont conseillé de rester le plus classique possible. » Autre inquiétude pour Fanny : « Le Bac ne sera plus national mais par établissement. Il y a déjà beaucoup de préjugés sur notre lycée, alors face à des élèves d’Henri-IV, eh bien, il y aura discriminations et inégalités pour l’entrée dans le supérieur », conclut-elle.

En bref

  • Bienvenue et bonne chance : de nombreux professeurs des écoles arrivent cette année à Morsang. Nous leur souhaitons la bienvenue dans notre ville. Souhaitons également bonne chance dans leurs nouvelles fonctions à Mmes Katia Galloy et Karine Meslage qui prennent respectivement la direction des maternelles Joliot-Curie et Gustave-Courbet.
  • Les vacances scolaires 2019/2020
    Toussaint : du 19 octobre au 3 novembre inclus. Noël : du 21 décembre au 5
    janvier inclus. Hiver : du 8 au 23 février inclus. Printemps : du 4 au 19 avril
    inclus. Eté : samedi 4 juillet. En outre, les classes vaqueront le vendredi 22 et le samedi 23 mai. Le lundi de Pentecôte (1er juin) sera également sans école.