Les abeilles ne sont pas confinées
Les abeilles ne sont pas confinées

Confinement oblige, la Maison de l’Environnement est restée fermée, la formation des nouveaux apiculteurs a été interrompue également. Mais qu’en est-il du rucher municipal ? Car la période est charnière sur le calendrier apicole. En effet, on se prépare aux miellées de printemps et d’été ! D’autant plus que « le printemps est précoce et que les plantes fleurissent déjà », raconte Éric Argentier, apiculteur bénévole et référent pour la commune. Retour sur le rucher municipal en cette période exceptionnelle.

Après des difficultés liées au contexte actuel pour l’approvisionnement et la livraison du matériel (cire, sirop, outillage), l’apiculteur a pu finalement venir s’occuper du rucher. Car son intervention demeure indispensable, pas de télétravail possible !

« Au début c’était un peu la panique, il n’y avait plus personne à bord du navire ! En attendant la commande, j’ai fait avec les moyens qu’on avait », explique-t-il. À Morsang, il y a une commande de matériel annuelle. Elle se fait auprès du Syndicat des Apiculteurs du Val d’Essonne (SAVE) pour grouper les achats. Retardée, le temps de la réorganisation des activités, la commande a finalement pu être livrée et récupérée.

Par décret du Ministère de l’Agriculture, les apiculteurs professionnels et amateurs ont pu continuer leurs activités mais en limitant le nombre de visites. Pour intervenir, Éric a dû ensuite obtenir une dérogation auprès de Marjolaine Rauze, maire de Morsang. « Et c’est déjà parti fort », raconte-t-il. Car à cette époque de l’année c’est la période d’essaimage, l’apiculteur-trice doit « surveiller les essaims pour éviter qu’ils gagnent en volume, après juin les abeilles se calment ! ».

Ainsi, depuis le début du confinement une ruche a été nettoyée car elle était bourdonneuse, pleine de mâles. C’est ce qui peut arriver après la mort de la reine. « Les faux-bourdons étant en trop grand nombre la ruche est perdue », continue-t-il. Il s’agit maintenant, pour l’apiculteur, de recréer un essaim en « secouant » la ruche pour que « les faux-bourdons ne puissent pas revenir, ne sachant pas bien voler, et [pour] que les butineuses reviennent ou soient acceptées par d’autres ruches ». Autrement, de l’huile a été appliquée sur le bois qui doit passer l’hiver lui aussi. Et le gros du travail a été consacré au « renouvellement des cadres des ruches et à la préparation des hausses (le magasin à miel), sinon les abeilles manquent de place », explique Éric.

Les conséquences du confinement, dont la réduction drastique de la circulation polluante (avions, porte-conteneurs, voitures…), ont-ils eu un effet sur la santé des abeilles ? Encore trop tôt peut-être pour le dire mais « le ciel est moins chargé », constate l’apiculteur. « En attendant, tout suit son cours pour ces pollinisatrices, c’est la même chose tous les ans, pas grand chose peut les arrêter ! »